VIVRE LE BASSIN

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Toutes les nuances de gris entre ciel et mer

« C’est comment l’hiver sur le Bassin, c’est bien aussi ? » Combien
de fois m’a-t-on posé cette question ! Chaque fois, des images me
reviennent, celles du froid humide dans les bois, lors de cueillettes
des bidaous, des lumières vacillantes mais réconfortantes du poêle de
mes grands-parents, du grondement parfois oppressant de l’océan que
l’on entend même côté Bassin sur la Presqu’île. Oui, c’est bien, l’hiver,
très bien même. Et il y a ce gris, ou plutôt ces gris qui s’expriment en
strates entre ciel et mer. Et ça, on ne peut vraiment les contempler
qu’en hiver. Je devine que chacun ici a conscience de ce privilège, voir
le Bassin différemment, intensément, intimement, loin du bleu azur
estival. Alors parlons couleurs. Le bleu est la couleur préférée de plus
de la moitié de la population. Mais ce que préfère Michel Pastoureau,
l’historien des couleurs, c’est le gris, « comme des dizaines de millions
de personnes à travers le monde ». Devant le violet, l’orange, le brun,
et autant que le rose et le jaune. Ce gris recèle des subtilités, comme
l’expliquait Johannes Itten du Bauhaus, il change de couleur dès qu’il
s’approche d’une autre. De la magie en camaïeu sans cesse renouvelée.
Mais le Bassin nous livre parfois des couleurs là où l’on ne les attend
pas. Dans le portfolio de ce numéro, le plongeur photographe Frédéric
Lamothe nous dévoile que sous l’eau le microscopique devient une explosion
chromatique. Le bois des charpentes d’Hugo Lucine, le blanc
des robes de mariée de Tessa Delpech, le vert des potagers, du green
d’un golf, et bien sûr du bleu, beaucoup de bleu… chacun a droit à sa
couleur dans ce numéro. Bonne lecture.
Patrice Bouscarrut

VLB4

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