VIVRE LYON

Voir l'édito du numéro 16

Et la vie continue…
Chacun y est allé de son interprétation. Certains ont vu en elle le signe du
destin, pied de nez de Dame nature ; d’autres la suite logique d’une loi des
séries des grandes épidémies, selon laquelle une épidémie mortelle aurait
lieu une fois par siècle, l’année 20 – intox largement démentie. Crise sanitaire
sans frontières, le Covid-19 – Coronavirus pour les intimes – nous a
happés de plein fouet dans le fil de notre quotidien. Sous le feu des projecteurs : des superhéros – ne l’ont-ils pas toujours été ? – la cape élimée par
les prises de risque et les journées harassantes. Deux mois de confinement
d’un monde en apnée qui ne respire que par bribes, la main sur la bouteille
d’oxygène qui saura le maintenir en vie en cas de rechute.
À moment exceptionnel, numéro exceptionnel. Le photographe Yanis
Ourabah a capturé la ville dans son plus simple appareil, vidée de ses
habitants. Lyon cité fantôme, figée dans le temps ou un mauvais film de
science-fiction, on ne sait plus… Sorte de préambule à la vie qui reprend
son cours paisible, cheminant vers un été fleurissant.
Depuis le 11 mai, Lyon reprend son souffle, un pas après l’autre, tel un
enfant apprenant à marcher. Marqués au fer rouge, on consomme davantage
local pour sauver les emplois à notre petite échelle. On réduit encore
et toujours nos déchets, conscients que la vraie crise climatique n’est plus
très loin. Que la pandémie ne soit pas vaine et serve de leçon !
Derrière les masques, des sourires pleins de promesses. Le week-end, sur
les quais, les Lyonnais.es se ruent sous les rayons du soleil. Le silence a
cédé la place aux rires des enfants qui rebondissent sur les murs de la ville.
Au loin, le klaxon incessant d’un automobiliste mal luné vient agresser nos
tympans. La vie continue…
Vanessa Cornier